AVENIR IMMÉDIAT HAÏTI ONU OU TRANSFORMER LE PROBLEME EN SOLUTION

Réseau HEM Europa par Dan Albertini

Je reproduis ici l’intégralité de l’article le 2 janvier 2017 dans une perspective de réflexion à la veille de résultats officiels des élections présidentiels. Il y a aussi la reconnaissance de l’ONU, de ses responsabilités dans l’affaire du choléra. Il y a aussi la nouvelle réalité d’une armée régulière haïtienne. Nous sommes face à des choix difficiles mais à décisions stratégiques et au besoin de savoir négocier. Voici le texte.


Une base militaire permanente et d’entraînement du statut de force internationale au service de l’ONU. Court, moyen et long terme : une solution de réconciliation pour Haïti, un crédit pour l’ONU dans la zone. Une prévention pour le voisinage de Cuba. L’ONU devrait s’y investir.

Les déclarations – de bons offices pleuvent, les bonnes intentions aussi. Les appels à la prévention sont incessants. Les offres de coopération se multiplient. L’ONU souffre d’un problème essentiel, un dialogue de sourds qui méprise les ressources disponibles en vertu des besoins déclarés. Un besoin déclaré : la paix en Haïti. L’ONU dit s’y investir. Un autre besoin déclaré : la prévention des conflits, L’ONU offre même de l’expertise. Mais, aujourd’hui encore on parle de réforme, Ban Ki-moon prend la relève de Koffi Annan. Perez de Cuellar reste sceptique par rapport aux USA au moment où la Chine ne lésine sur les offres – « La Chine est pour le renforcement des capacités des Nations Unies en matière de prévention, de bons offices et de médiation. Elle se prononce en faveur d’un rôle accru du Secrétaire Général à cet égard, et accueille favorablement l’étaЫissement par l’ONU d’une culture de prévention » – ni sur les crédits proposés – voir discours du 60e anniversaire de l’ONU.

Haïti demeure malgré tout un cas sensible et non résolu.

Un peu plus tard, après la Chine, en février 2007, le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix de l’ONU, Jean-Marie Guéhenno, a plaidé aujourd’hui devant le Comité spécial des opérations de maintien de la paix, qui s’ouvrait à New York, pour le renforcement des effectifs militaires des Nations Unies et l’établissement d’une ‘doctrine’ militaire uniforme dans ce domaine. « Si nous voulons répondre aux besoins actuels, et répondre aux nouveaux besoins qui apparaîtront en 2007, il faut d’urgence renforcer les capacités de planification et de gestion ainsi que les capacités opérationnelles de tout l’éventail du maintien de la paix », a déclaré Jean-Marie Guéhenno.

L’ONU ne peut donc nier aujourd’hui les besoins d’investir dans la paix durable en Haïti, conformément aux besoins organisationnels soulevés plus haut. L’avenir en ce sens est immédiat tant pour Haïti que pour l’ONU car Haïti n’aura pas cessé ses tirs massacreurs qu’un réveil brutal de Cuba risque de surprendre le monde entier. La grande URSS n’a pas été épargnée et c’est l’histoire. Il faudra anticiper, transformer le problème en solution avant une extension cubaine, dans la logique même des États partenaires.

Cuba Haïti – L’ère Castro tire à sa fin et personne ne peut assurer des lendemains d’une dictature, tant soit peu pour l’intérieur que pour les intrigues répétées des Américains, l’Iraq dans ce cas-ci ne peut que trop bien illustrer et conseiller. La Chine l’a si bien dit dans le même discours précité : « Nous sommes toujours contre le recours arbitraire à l’usage de la force ou à la menace par la force dans les relations internationales. Nous sommes contre une réinterprétation ou une modification des dispositions de la Charte relatives au droit à la légitime défense. Au cas où le recours à la force s’avérerait nécessaire dans les relations internationales, il appartient au Conseil de Sécurité d’en juger et de décider prudemment à la lumière des circonstances ». L’ONU a-t-elle fait école en ce sens, dans les pays d’intervention, comme dans les pays qui supportent en soldats de la paix? Guéhenno précise en février : « Le nombre de soldats de la paix déployés à travers le monde s’élève quasiment à 100 000 et le budget des Nations Unies alloué au maintien de la paix atteint désormais près de 6 milliards de dollars par an, a-t-il rappelé ». L’ONU a en ce sens, des besoins prioritaires qui coïncident avec sa présence comme force de maintien de la paix en Haïti. Il serait temps d’envisager le pragmatisme et le réal politique comme option.

Une école militaire et de police internationale – L’école militaire putschiste traditionnelle haïtienne se plaint d’exister dans l’imaginaire qu’à même la virtualité. Elle pourrait pour une fois, se convertir à la bonne école. Une extension de l’école militaire et police de service internationale – de l’ONU pour la paix. L’ONU y gagnerait instituant une paix et un développement durable pour le pays comme modèle de réussite. Le Secrétaire général de l’ONU en a même évoqué comme espoir.

L’International profiterait d’un champ d’entraînement spécialisé – terrestre et marine – permanent, pour les missions urgentes. La même logique, toujours selon le communiqué : « Le Secrétaire général adjoint a enfin à nouveau défendu les propositions du Secrétaire général en vue de créer un nouveau ‘Département de l’Appui logistique’ séparé de l’organisation et du commandement proprement dit, qui appartiendrait au Département des opérations de maintien de la paix de l’ONU (DPKO selon l’acronyme anglais) (dépêche du 5.02.07) ». L’après Castro et la sécurisation – dixit le discours de Bush, il y a deux ans, traitant Haïti et la zone voisine de haut risque en matière de sécurité aérienne et de terrorisme international de la drogue – fixent des choix et des priorités régionales.

En résolvant ce problème bien que complexe, Ban Ki moon aurait de très tôt à son actif comme à celui de l’ONU, une réalisation majeure et profitable pour l’humanité. Ce serait tout de même une solution rentable pour tout le monde mais avant tout, une solution dans ce monde de problème. Ce serait aussi, un geste de respect pour garantir la liberté dans ce pays de faiseurs de liberté 1804.

Pour aller plus loin. Considérant la fragilité du processus démocratique en cours du pays. Considérant une stabilité non éprouvée de la zone. Considérant les relations bilatérales avec la République Dominicaine voisine. Haïti aurait droit à sa part, comme faiseur de liberté, à l’aide au développement durable. La République n’est pas prête à affronter seule la violence et l’insécurité. Cette dernière vient d’ailleurs en partie, du fait de la déportation de jeunes Haïtiens à partir de pays étrangers qui s’en débarrassent de leurs maux sans accompagnement humanitaire. Cela ne justifie pas à elle seule la présence soutenue et prolongée de militaire dans le pays mais, l’ONU a intérêt à considérer de plus près la défense des intérêts stratégiques de la région. La nouvelle dynamique qui se déploie en Amérique latine et dans les Caraïbes si elle est intéressante en matière de relations internationales, elle est aussi à haut risque. On n’a qu’à se rappeler du Nicaragua des années 80, du Chili de Pinochet, des militaires en Argentine etc. La présence des casques bleus dans la zone est selon le principe de la prévention, comme disait la Chine : « Nous sommes pour le renforcement des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, surtout en ce qui concerne les capacités de déploiement rapide et de réserves stratégiquesainsi qu’une pleine mobilisation, sous la conduite du Conseil de Sécurité, des initiatives et des ressources des organisations régionales concernées. » rentable. Pourquoi ?

La force américaine est partisane et ne représente plus aujourd’hui une légitimité démocratique en faveur de l’évolution des peuples.

Réguler les privilèges – Si la Suisse a bâti une économie, une diplomatie, plusieurs expertises et j’en passe, sur le dos des Nations Unies, dans le concert des » bons offices » le premier pays nègre qui a su forger à partir de rien et de misères de l’esclavagisme, son indépendance héroïque, un patrimoine mondial, Haïti a droit aussi à plus de considération. Une importante base de formation et d’instruction militaire mondiale est nécessaire, tant pour le pays, ou pour la région mais aussi pour que le monde sache que l’Organisation tienne en permanence une force militaire active et prête. La Chine disait plus loin : « La Charte des Nations Unies a assigné au Conseil de Sécurité la première responsabilité du maintien de la paix et de la sécurité dans le monde. Un Conseil de Sécurité efficace, responsable et représentatif correspond aux intérêts à long terme de l’ONU… ».

La réforme administrative et organisationnelle de Ban Ki moon doit passer par cet axe. Tout biais serait un message de mollesse et de négativité de la part de l’organisation, l’importante Communauté Haïtienne Internationale en prendrait note, comme celles des autres peuples émigrés vers le monde moderne.

L’OPTION DE LA PERMANENCE Y EST DÉJÀ – 26 février 2007, une note de l’ONU informe : « le Secrétaire général vient de proposer le déploiement de près de 10.000 casques bleus supplémentaires au Tchad, tandis que les quelque 11.000 prévus pour le Darfour ne sont toujours pas mobilisés  » (dépêche du 23.02.07).

« La gestion au Siège de tous les aspects militaires liés au maintien de la paix est une tâche gigantesque qui, à mon sens, exige que le Conseiller militaire se voie attribuer le poste de Sous-Secrétaire général », a poursuivi Jean-Marie Guéhenno.

S’agissant de la restructuration des capacités militaires au Siège, le Secrétaire général adjoint a souhaité que le nombre de policiers au Siège de l’ONU soit augmenté.

Il a insisté notamment sur la création d’une « équipe opérationnelle intégrée », qui permettra de « lier les deux départements à tous les niveaux », ainsi que de « règles communes ». Enfin, « les structures des missions sur le terrain seront davantage intégrées grâce à une chaîne de commandement renforcée sous l’autorité du chef de la Mission », a-t-il expliqué. Les besoins sont déjà cernés.

ONU HAÏTI TRANSFORMER OU ÉCHOUER

Ce que disait la Chine à propos de transformer : « Cette année marque le 60е anniversaire de la victoire de la Guerre antifasciste mondiale et de la création de notre Organisation ». De beaux discours, de belles déclarations disait-on : « Comment traduire cette déclaration en actes concrets et transformer les beaux mots en réalités, comment œuvrer à l’instauration d’un monde harmonieux de paix durable et de prospérité commune, voilà une tâche lourde et pressante qui nous attend ».

Mais elle poursuivait, à travers ce que nous comprenons ainsi : si la politique américaine de Washington décrite comme étant la hard gouvernance par Xavier Comtesse dans son premier cahier thématique pour Genève et, de plus, une certaine politique appliquée par les républicains aux USA, l’Amérique salvatrice est devenue une menace pour la pacification souhaitée tant par l’ONU que par la Chine.

C’est de là que la solution proposée de la Chine devait plus que plaire pour le cas haïtien : « Nous sommes pour un développement pacifique.» « obtenir le mandat du Conseil de Sécurité et utiliser autant que possible des moyens pacifiques dans le cadre des Nations Unies. Nous désapprouvons toute affirmation faite arbitrairement pour dire qu’un pays ne peut ou ne veut pas protéger ses citoyens et pour y intervenir comme bon lui semble ».

Le cas échéant, tant pour Cuba que pour Haïti, elle avait raison de dire : « La Chine est favorable à la création d’une commission pour la construction de la paix afin de bien enchaîner le travail des Nations Unies pour ce qui est des opérations de maintien de la paix, de la reconstruction après les conflits et du développement. Le Conseil économique et social et les instances chargées de l’aide au développement doivent y jouer un rôlе important ».

« L’ONU doit se renforcer en tant que noyau du mécanisme de sécurité collective pour continuer à jouer son rôle de ferme défenseur de la paix.»

« Nous appelons l’ONU à consacrer une attention toute particulière pour aider les pays en développement à renforcer leurs capacités, et envisageons de former d’ici trois ans 30 000 personnes toutes catégories confondues ».

Si les entreprises spécialisées en sécurité deviennent légion à travers le monde, il faudrait croire que des besoins se précisent, ce qui renforce la nécessité d’une bonne école et d’une bonne formation en Haïti. La solution de la Chine serait ainsi, réellement rentable pour une option de transition à long terme. L’opportunité se préciserait ainsi, nous citons : « La Chine fournira d’ici trois ans des crédits préférentiels d’un montant total de dix milliards de dollars US aux pays en développement dans le cadre de la 4 coopération Sud-Sud ».

Si par effet d’entraînement, un pays incite sa proximité géopolitique, les pays pauvres pourraient influencer dans le bien comme dans le mal, cette proximité de développement. Un tel accompagnement de l’ONU devrait garantir Haïti dans sa sécurisation et en bénéficiant de ce crédit préférentiel, pouvoir rembourser et se développer, sortir du seuil de la pauvreté et rentrer dans la modernité raisonnable.

Haïti aurait sa partition à jouer aussi – L’apparence consensuelle de ces derniers jours devraient inspirer, un peu plus la gente politique du pays. Le pacifisme et la coopération s’apprennent à la même enseigne que toute autre notion, toute autre matière. La tradition n’est pas une nature, elle se cultive, s’oriente et s’acquiert. Il est indéniable que Haïti a besoin d’aide et, même parfois, d’être »poussé dans le dos » ou, provoqué dans son orgueil de Nation libre. Le pays devrait profiter de la présence de la porte-parole du Sec. G. de l’ONU comme Haïtienne afin de mieux saisir le sens du jeu global des Nations. La société civile trouverait plus d’un avantage à conjuguer avec ceux de l’école militaire, pour un avantage comme axe de sécurisation et de sécurité internationale. International/24*26-04-07

www.reseauhem-archives.xyz/avenir_haiti_onu.htm.

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